Principe de base

Publié le par HORUS

Il y a une quinzaine d'années, j'ai eu la prétention de vouloir comprendre pourquoi de nombreuses personnes veulent croire en cet être indéterminable qu'elles appelent Dieu (pour certaines).

Je me doutais qu'à travers ces croyances d'un autre temps se perpétue le modèle d'une société où chacun, par ses craintes de l'indéreminable après, n'a pu que modeler une collectivité où l'échange y est la plupart du temps factice et sa convivialité falsifiée. La peur de l'autre engendre la société de consommation. Je ne sais plus qui disait : "Laissons-leur le commerce en attendant, ça évitera qu'ils s'entretuent !" Toujours est-il que ce dogme de l'échange factice (capitalisme) a été, est et sera toujours la cause des conflits (locaux ou globaux) puisque son principe est axé sur la méfiance et la peur de l'autre.

Pour bien comprendre une telle conception de la vie en commun, il me fallait donc revenir à quelques principes fondamentaux. Le fondement de MA croyance : me défaire des principes religieux (ou re-ligieux !)

DIEU, C'EST L'AUTRE

Substituons Dieu par la prise de conscience de chaque être par lui-même. Ainsi aurait-on : "En pensant que je suis, par nature, je me détermine, donc je suis, j'existe."

S'arrêtant ici, on peut se demander comment le croyant en arrive à cette fausse indétermination qu'il appelle Dieu. Eh bien j'oublie un instant mon croyant. Bien que tous nous pouvons individuellement nous déterminer, chacun ne peut ressentir ce que la conscience de l'autre éprouve ; et c'est précisément en cela que cet autrui est perçu comme indéterminé puisqu'il ne peut y avoir de simultanéité entre notre prise de conscience et celle de l'autre. Maintenant si je reviens à mon croyant. Son Dieu n'est ni plus ni moins que tout ce qui peut être étranger à la conscience du croyant, c'est-à-dire la conscience de son "prochain" ! Car on ne peut, bien qu'entourés de nos "prochains", qu'être seul avec sa conscience, c'est pourquoi l'indétermination de l'autre se caractérise par Dieu. Dieu est cet être inéprouvable : autrui. Le "Tout-Puissant" n'est que la métaphore de la conscience indéterminable de l'autre.

Eh oui ! "Que peut-il penser de moi ?.." se demande le croyant vis-à-vis d'autrui. "Je ne sais pas, seul Dieu le sait." en concluera t-il.

Seulement ce Dieu qu'il appelle de ses voeux n'est que l'impression qu'il (le croyant) peut susciter chez autrui.

La perversité de la logique déiste tient au fait que chacun, depuis sa prise de conscience, prend présentement son prochain pour différent et unique puisque celui-ci est lui-même capable de se déterminer. Ainsi par l'effroi de l'impossibilité évidente, parce qu'irréelle, d'une interconnexion de nos consciences (ce qui par-là même annihilerait le mouvement pluri-conceptuel caractérisant la masse d'individus conscients) vient s'opposer la volonté de réifier ce mouvement  des possibles (la masse d'individus conscients) par la...déification.

Normal. Cette masse de consciences, étonnée par l'ampleur de la prise de conscience pouvant être propre à chacun, déterminera un être "supérieur" qu'elle veut indéterminable (!) puisque capable de régir la conscience de chacun.

Il y a là un paradoxe à vouloir édifier, inventer un être qui doit être immanent, indéterminé ! A ce constant il est certes possible que le croyant, loin de s'en laisser conter, puisse objecter et marteler, comme le veut la preuve ontologique, que "Dieu ne s'invente pas. Il est parfait et ne le serait pas s'il n'existait pas."

Auquel cas cette opinâtreté dénote soit une déficience mentale (!), soit un manque total de volonté, donc d'hônneteté intellectuelle.C'est en fait un véritable abandon de la conscience au bénéfice de cette pseudo-indétermination qu'est Dieu. Ce qui bien sûr est absurde car ce Dieu est cet autrui indéterminé qu'il cotoye tous les jours. Ce pouvoir imaginaire qu'est Dieu pallie la solitude de chaque conscience n'osant, mais surtout ne pouvant s'indéterminer elle-même. Cette peur du vide étant quasi propre à chacun, il serait plus humble d'éprouver cette réciprocité de façon qu'autrui apparaîsse comme semblable, puisque l'on est tous indéterminés pour son "prochain".

Sinon, il est à craindre qu'un manque d'objectivité ne puisse que nous pousser à l'individualisme. Et l'humanitaire se substitue à l'humanité. Ainsi le travail comme échange-marchandise n'est que l'application d'une conscience déterminée croyant se distinguer d'autrui, puisque ce dernier reste inéprouvable et réciproquement. A la fois coupables et victimes.

L'individu est cette transcendance, c'est pourquoi il est le Temps. En conséquence on ne peut espérer un jugement dernier, car chacun présentement est ce Tout divisible par lui-même. C'est-à-dire le Tout ! Ainsi, pour être véritablement épanoui, on ne peut qu'indéterminer "notre" prise de conscience et la déléguer à l'objectif du groupe représenté par nos semblables afin que chacun puisse se reconnaître à travers l'autre. C'est le postulat à l'objectivité, seul capable d'engendre du partage puisqu'éprouvé conjointement.

 

 

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