ON EST CE QU'ON EST PAS : TOUT EST INDETERMINE
Petite réflexion que j'ai eue il ya une quinzaine d'années relative à la "différence" supposée entre l'Espace et le Temps. L'expression "années-lumière" pour mesurer une distance interstellaire m'avait en effet interloqué. J'ai hésité à la laisser ici car je la pensais trop naïve. Finalement, une vidéo au sujet de la mécanique quantique me laisse à penser que cette réflexion n'était pas si dépourvue de sens ! Même s'il est vrai qu'à l'époque la formulation n'était guère académique. En avant...

Si l'on part dans le futur et que l'on revient au présent (passé du futur) afin de pouvoir changer ce présent au regard de ce que l'on a aperçu dans le futur et qu'ensuite, on reparte dans le futur...quelles conséquences ?..
Eh bien, le futur sera différent de ce que l'on a vu la première fois étant donné que l'on a décidé de changer le présent. Mais alors, la première fois, on a bien vu sa forme avant notre retour au présent et ce souhait de le changer ; donc on a pas rêvé ce qu'on a aperçu. Il avait bien son passé, ce futur inchangé par nous. Ce qui revient à affirmer que ce que l'on a changé existe autant que ce que l'on a pas changé. Ce qu'on a fait est ce que l'on a pas fait. Ce que je pense est ce que je ne pense pas...d'où l'indéterminé. Ainsi le Temps n'existe pas : l'intemporalité.

Donc est-il nécessaire de s'ingénier, à l'instar de nombre de physiciens et astro-physiciens, à vouloir comprendre des phénomèmes déterminables relatifs à un contexte aux forces et raisons d'être qui dépassent l'entendement. "Masse" manquante de l'Univers et autres trous noirs ne seraient-ils pas une contraction de l'espace-temps observé à partir de mesures connues mais aléatoires ? Epiphénomènes appartenant au Tout.
J'ai sûrement la prétention de penser mais en même temps l'intime conviction qu'ils confondent "Temps" et mesure du temps. Ne sont-ils pas en effet que les prisonniers des outils et mesures qu'ils ont inventés ? Le zéro inventé par les Anciens en est une parfaite illustration. C'est une fuite en avant ! Est-il raisonnable de vouloir déterminer ce qui ne peut l'être ? Il est vrai que cet état de fait est difficilement acceptable. De là, la querelle philosophes/physiciens ne s'éteindra jamais. Soit parce que certains philosophes n'ont eux-mêmes pas conscience de l'intemporalité, ou sinon l'acceptent mais ne peuvent l'expliquer ; soit parce que la majorité des hommes de science n'admet pas l'indéterminable. Leur science étant fixive par nature, celle-ci s'apparente à une course après le vent..
C'est selon le caractère et la volonté de chacun finalement.
Ainsi pour le commun des mortels lorsque l'on meurt, on est plus rien (voire ailleurs). Cependant on ne peut pas ne plus être, n'étant pas ce qu'on a été supposé être. Pour ne plus être, eût-il fallu avoir été !
En conclusion, je pense que ce besoin de (se)mesurer est la conséquencede l'indéterminable autrui qui nous entoure. C'est-à-dire qu'à travers la mesure du temps (l'autodétermination du conscient), on tente de se prouver que l'inconscient autrui est déterminable. De là apparaîssent différents transferts : Dieu, explication de l'Espace-Temps.

Cette quête effrénée (cette névrose devrai-je dire) est propre au conscient incapable de s'indéterminer. On cherche l'Autre (son voisin) à travers le Temps, l'Univers (uni vers quoi d'ailleurs !). A vouloir expliquer l'inconcevable, le religieux et le "rationaliste" en oublient l'essentiel, à savoir qu'ils sont tous deux, par essence, ce Tout indéterminable. L'oeil se donne ainsi les moyens de tout voir mais ne se voit pas lui-même...
Ci-dessous, une vidéo montrant un monolgue de Jean-Pierre Garnier Malet
Instant de Vie : Science et conscience