LE LIBERALISME OU LA PEUR DU VIDE
L'individu craint les conséquences de son abandon pour la collectivité. Il craint d'y être phagocyté par son voisin et ne peut s'imaginer un seul instant dépossédé de sa création/propriété. Il ne juge pas cette dernière susceptible d'avoir été influençée/acquise grâce au contexte dans lequel il évolue et auquel il emprunte ses capacité d'adaptation (le groupe). Ce comportement n'étant ainsi qu'une survivance d'individu essayant de pallier l'effroi de leur propre défection pour le groupe.

"Je" pense, donc "je" doit être. C'est ainsi par éviction de nos ressemblances que l'on continue à se croire rempli d'une mission quasi mystique : vivre pour soi en espérant se relier à Dieu (hypothétique métaphore de l'indéterminable autrui). On oublie son voisin en s'inventant un Rédempteur. De sorte que l'individu, effrayé par LA finitude, en tant qu'elle ne peut, pour lui, que lui être rattachée, orientera ses choix en fonction de ce qu'ils pourront lui être déterminant matériellement ou temporellement. Ainsi des limites, des échelles de grandeur doivent être inventées et être comparables. Cet effroi face à l'indéterminé qu'il tente de pallier ne peut que l'empêcher d'envisager un rapport autre que celui de l'échange intéressé.
Ce mode lui permet de (se) survivre à défaut de confronter sa propre existence au vide. Si cette malhonnêteté intellectuelle est un raccourci qui le conduit invariablement vers la même destinée, cette déviance est toutefois pavée des pires compromissions, induisant de non moins pires atrocités : le libéralisme.
Documentaire de Pierre Carles : Danger Travail (2003) Part 1
Documentaire de Pierre Carles : Danger Travail (2003) Part 2
